L'hôtel Ferraris, élégance classique de la Ville-Vieille
Derrière une façade sobre de la Ville-Vieille se cache l'un des plus raffinés hôtels particuliers de Nancy. Élevé au début du XVIIIe siècle par Germain Boffrand, l'hôtel Ferraris séduit par son escalier d'honneur et sa rampe de fer forgé, sommet de l'art classique lorrain.
Une commande de la noblesse lorraine
L'hôtel voit le jour vers 1715-1717 pour Louis de Ferraris, gentilhomme entré dans la noblesse locale par son mariage avec Anne-Thérèse de Fontette en 1715. On le doit à Germain Boffrand, premier architecte du duc Léopold Ier de Lorraine, l'un des maîtres du classicisme français. Une plaque de cheminée datée de 1722 marque sans doute l'installation de la famille. La demeure incarne l'ambition d'une aristocratie qui, dans une Nancy encore ducale, veut afficher goût et rang au cœur de la Ville-Vieille, quartier historique blotti autour du palais des ducs.
L'escalier d'honneur, un chef-d'œuvre
Le clou de la visite reste l'escalier d'honneur à l'italienne, développé sur trois volées. Sa rampe de fer forgé, œuvre virtuose, mêle le chiffre entrelacé Ferraris-Fontette à la fleur de lys, motif que l'on retrouve sur le balcon de la façade et sous le porche. Au-dessus, le plafond peint en trompe-l'œil, attribué à Giacomo Barilli, ouvre un ciel de nuages animé de têtes de chérubins. Cet ensemble spectaculaire, escalier, rampe et plafond, est classé au titre des monuments historiques dès 1946, bien avant la protection de la demeure entière.
Une architecture ingénieuse
Boffrand devait composer avec une parcelle trapézoïdale, contrainte qu'il résout avec maestria en dessinant des façades symétriques et harmonieuses autour de la cour. Un balcon central, orné de fers ouvragés, anime la façade sur rue. À l'intérieur, un passage en encorbellement, sorte de loggia, relie les ailes du bâtiment et fluidifie la circulation. Cette virtuosité dans la gestion de l'espace, alliée à la sobriété élégante des lignes, illustre le talent d'un architecte qui marqua durablement Nancy et Paris, où il livra l'hôtel de Soubise.
Décors et destin d'un hôtel
Les intérieurs conservent de beaux lambris d'appui à la parisienne, tandis que l'aile gauche reçut au début du XIXe siècle un décor néoclassique attribué à Joseph Beunat. Dans la cour, une fontaine de Neptune, classée dès 1927, rappelle le raffinement des lieux. L'ensemble de l'hôtel a été classé monument historique en 2008. Aujourd'hui, la demeure abrite le service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Grand Est, site de Nancy : un juste retour des choses pour une maison devenue elle-même objet d'étude patrimoniale.
Découvrir l'hôtel aujourd'hui
L'hôtel Ferraris étant un lieu de travail, il ne se visite pas librement. Sa façade se contemple toutefois depuis le 29 rue du Haut-Bourgeois, artère bordée d'autres beaux hôtels particuliers. L'intérieur et son fameux escalier s'ouvrent surtout lors des Journées européennes du patrimoine, en septembre, l'occasion idéale d'admirer la rampe de fer forgé et le plafond peint. La visite s'intègre naturellement à une promenade dans la Ville-Vieille, entre la Grande-Rue, le palais des ducs de Lorraine et la porte de la Craffe.


Infos pratiques
Adresse : 29 Rue du haut bourgeois, 54000 Nancy
Questions fréquentes
Peut-on visiter l'intérieur de l'hôtel Ferraris ?
L'hôtel abritant un service administratif, il ne se visite pas au quotidien. L'intérieur, dont l'escalier d'honneur, s'ouvre surtout lors des Journées européennes du patrimoine, en septembre.
Qui a construit l'hôtel Ferraris ?
L'architecte Germain Boffrand, premier architecte du duc Léopold Ier de Lorraine, l'a édifié vers 1715-1717 pour Louis de Ferraris.
Où se trouve l'hôtel Ferraris ?
Au 29 rue du Haut-Bourgeois, dans la Ville-Vieille de Nancy, à quelques pas du palais des ducs de Lorraine et de la Grande-Rue.
Pourquoi la rampe d'escalier est-elle si célèbre ?
Ce fer forgé virtuose mêle le chiffre Ferraris-Fontette et la fleur de lys ; escalier, rampe et plafond peint sont classés monuments historiques depuis 1946.
Que voir à proximité de l'hôtel Ferraris ?
Toute la Ville-Vieille : la Grande-Rue et ses hôtels particuliers, le palais des ducs et le Musée lorrain, la basilique Saint-Épvre et la porte de la Craffe.
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