La cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation, baroque de Nancy
Élevée à partir de 1703 pour le duc Léopold, la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation déploie une majestueuse façade baroque au cœur de la ville. Derrière ses deux tours, elle abrite une coupole peinte, de grandes orgues, des grilles de Jean Lamour et un trésor millénaire.
De la primatiale à la cathédrale
Les plans sont conçus autour de 1700, inspirés de l'église romaine Sant'Andrea della Valle. La construction débute en 1703 sous le duc Léopold, se poursuit avec le concours d'architectes de renom et s'achève par la première messe en 1742. L'édifice n'est d'abord qu'une primatiale ; il devient cathédrale en 1777, lorsque l'évêché de Toul est transféré à Nancy, alors capitale d'une Lorraine devenue française. Ce long chantier, mené sur près de quarante ans, explique la cohérence de son style baroque, plus sobre et classique qu'exubérant, à l'image du goût lorrain du XVIIIe siècle.
Une façade baroque et une coupole peinte
La grande façade, encadrée de deux tours, s'orne de colonnes et de statues qui rythment la pierre claire. À l'intérieur, le regard est happé par la coupole peinte par Claude Jacquard, dont les fresques en trompe-l'œil ouvrent le ciel au-dessus de la croisée. La nef, vaste et lumineuse, mène à un chœur solennel. Aux murs, des peintures de l'école lorraine rappellent la richesse artistique de la région. L'ensemble frappe par son équilibre : la monumentalité baroque y côtoie une retenue toute classique, offrant un cadre propice au recueillement comme à l'admiration architecturale.
Grandes orgues et grilles de Jean Lamour
La cathédrale conserve un instrument d'exception : les grandes orgues, construites par Nicolas Dupont entre 1756 et 1763, agrandies puis reconstruites au XIXe siècle par le célèbre facteur Aristide Cavaillé-Coll. Elles sont aujourd'hui classées. Deux chapelles latérales sont fermées par des grilles en fer forgé de Jean Lamour, réalisées entre 1751 et 1755, juste avant qu'il ne forge celles de la place Stanislas. D'autres grilles sont l'œuvre de son apprenti François Jeanmaire. Ce dialogue entre ferronnerie d'art, musique et peinture fait de la cathédrale un condensé du génie lorrain du siècle des Lumières.
Le trésor de saint Gauzelin
La cathédrale abrite l'un des trésors les plus anciens de France. Il rassemble des objets liturgiques des IXe et Xe siècles ayant appartenu à saint Gauzelin, évêque de Toul de 922 à 962. La pièce maîtresse est son évangéliaire, relié d'or, d'argent et de pierreries, chef-d'œuvre de l'orfèvrerie médiévale. On y conserve aussi calice, patène et autres pièces précieuses qui témoignent de la continuité de la vie religieuse entre Toul et Nancy. Ce trésor, présenté lors de visites spécifiques, offre un saisissant voyage à travers plus de mille ans d'histoire chrétienne en Lorraine.


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Infos pratiques
Adresse : 52bis Place Monseigneur Ruch, 54000 Nancy
Questions fréquentes
Quand la cathédrale de Nancy a-t-elle été construite ?
La construction a débuté en 1703 sous le duc Léopold ; la première messe y a été célébrée en 1742. L'édifice est devenu cathédrale en 1777.
Qu'est-ce que le trésor de saint Gauzelin ?
Un ensemble d'objets liturgiques des IXe-Xe siècles, dont un évangéliaire relié d'or et de pierreries, ayant appartenu à Gauzelin, évêque de Toul.
L'entrée de la cathédrale est-elle payante ?
Non, l'entrée est libre. Le trésor et certaines parties peuvent se découvrir lors de visites guidées spécifiques.
Qui a réalisé les grilles de la cathédrale ?
Jean Lamour, ferronnier de la place Stanislas, a forgé plusieurs grilles entre 1751 et 1755 ; d'autres sont dues à son apprenti François Jeanmaire.
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