La place de la Carrière, allée classique de la Ville-Vieille
Dans le prolongement de la place Stanislas, la place de la Carrière déroule sa longue esplanade d'arbres taillés entre deux rangées d'hôtels particuliers. Ancien terrain de tournois devenu promenade royale sous la main d'Emmanuel Héré, elle relie la ville neuve au palais du Gouvernement et complète l'ensemble classé à l'UNESCO.
Des tournois à la promenade royale
La place naît au XVIe siècle, lors de l'agrandissement de la vieille ville, comme un vaste terrain où la noblesse lorraine s'adonnait aux tournois, joutes et carrousels équestres — d'où son nom de « carrière », la lice des cavaliers. Autour, les grandes familles édifient leurs demeures. Au XVIIIe siècle, Emmanuel Héré transforme cet espace hétéroclite en une composition symétrique et raffinée, prolongeant la grande perspective née de l'hôtel de ville. La place devient alors une élégante promenade, trait d'union entre la ville de Stanislas et le pouvoir royal installé au nord.
Une perspective savamment orchestrée
Franchi l'arc Héré, on découvre une allée rectiligne bordée de quatre rangées d'arbres taillés au cordeau, encadrées de façades basses et régulières. Aux extrémités, deux fontaines et des portiques rythment l'espace. Au fond, le palais du Gouvernement referme la perspective par un élégant hémicycle à colonnades, embrassant la place comme deux bras ouverts. Cet enchaînement d'architectures, de verdure et de points de fuite illustre à merveille l'art urbain du XVIIIe siècle : chaque élément guide le regard vers le suivant, dans une mise en scène digne d'un jardin à la française transposé en pleine ville.
Hôtels particuliers et hôtel de Beauvau-Craon
La place conserve de belles demeures aristocratiques, dont le plus remarquable est l'hôtel de Beauvau-Craon, élevé en 1713 par l'architecte Germain Boffrand pour Marc de Beauvau, prince de Craon. Seul édifice antérieur que Héré ait choisi de préserver, il séduit par sa façade harmonieuse et abrite aujourd'hui la cour d'appel de Nancy. Les autres hôtels, aux façades unifiées par Héré, dessinent un front bâti d'une grande élégance. Cette continuité, où bâtiments anciens et créations du XVIIIe siècle dialoguent, fait de la place un livre ouvert sur l'histoire architecturale de la cité ducale.
Le palais du Gouvernement
À l'extrémité nord de la place se dresse le palais du Gouvernement, ancienne résidence de l'intendant du roi puis du gouverneur militaire. Précédé de son hémicycle à colonnes, il ferme majestueusement la perspective et marque la transition avec la vieille ville. Longtemps propriété de l'armée, il a été restitué à la Ville en 2010 et fait l'objet de projets de mise en valeur. Depuis la place, on aperçoit derrière lui le palais des ducs de Lorraine et l'église des Cordeliers, invitation à poursuivre la balade vers le cœur médiéval de Nancy.




Infos pratiques
Adresse : Place de la Carrière, 54000 Nancy
Questions fréquentes
Où se situe la place de la Carrière ?
Elle se trouve juste au nord de la place Stanislas, dont elle est séparée par l'arc Héré, en plein centre de Nancy (54000). On y accède librement à pied en quelques minutes.
Pourquoi s'appelle-t-elle la Carrière ?
Le nom vient de la « carrière », la piste où se déroulaient les tournois et courses de chevaux dès le XVIe siècle. La place a conservé ce nom malgré sa transformation en promenade au XVIIIe siècle.
Peut-on visiter les bâtiments de la place ?
La place se parcourt librement. Les hôtels particuliers sont pour la plupart occupés par des administrations (dont la cour d'appel) et ne se visitent pas, sauf lors des Journées du patrimoine ou de visites guidées ponctuelles.
Fait-elle partie du site UNESCO ?
Oui. Avec la place Stanislas et la place d'Alliance, la place de la Carrière est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983 au titre de cet ensemble urbain du XVIIIe siècle.
Que voir autour de la place de la Carrière ?
La place s'ouvre au sud sur l'arc Héré et la place Stanislas, et au nord sur le palais du Gouvernement, le palais des ducs de Lorraine, l'église des Cordeliers et le quartier médiéval de la Grande-Rue.
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